Donner du sens à votre image — avec la patience d'un artisanat où chaque détail compte.
Une photographie n'est jamais un simple enregistrement. C'est une décision — de lumière, de cadre, d'instant — prise avec la précision d'un artisan qui sait qu'il n'aura pas de deuxième geste.
Lire le manifesteDu portrait à la photographie commerciale, quatre façons de raconter une histoire en images — chacune avec ses propres codes, mais la même exigence de justesse et de sens.
Onze photographes, trois continents, une même exigence de justesse. Chacun a son regard, sa spécialité, sa manière de raconter une histoire — c'est cette diversité qui fait la force du collectif. De Genève à New York, de Fukuoka aux studios les plus discrets, ils partagent une conviction commune : une image réussie ne s'improvise pas, elle se construit avec la patience et l'œil de celui qui la fait.
Fondée à Genève, RAW Agency réunit aujourd'hui onze photographes et trois ateliers, entre Suisse, États-Unis et Japon. Notre vocation reste la même depuis le premier jour : donner du sens à l'image, avec la patience d'un artisanat où chaque détail compte.
Notre département international est un pilier de cet engagement. Deux points d'ancrage nourrissent notre regard autant qu'ils servent nos clients à l'échelle mondiale : New York, carrefour de la créativité et de l'innovation, et Fukuoka, centre dynamique de la culture et de la technologie japonaises.
Chaque image est composée avec la précision d'un geste répété mille fois — rien n'est laissé au hasard, du cadrage à la retouche finale.
Une photographie n'existe pas seule : elle sert un message, une identité, une prise de parole. Nous la construisons pour l'usage qui l'attend.
Derrière l'objectif, une écoute réelle. Nous prenons le temps de comprendre un besoin avant de déclencher — la technique ne vaut que si elle sert une histoire vraie.
De la préparation du shooting à la livraison finale, une seule équipe, une seule exigence — de la prise de vue jusqu'au dernier fichier livré.
Onze regards. Trois continents.
Une seule exigence.
RAW ne se contente pas de produire des images — nous maîtrisons toute la chaîne. RAW Agency est partenaire fondatrice de l'ASPP (Association Suisse de Presse et Photographie), l'organisme indépendant qui délivre la carte de presse reconnue par les institutions et rédactions suisses, ouvert à l'ensemble des photojournalistes et indépendants du pays. De l'accréditation à la production, en passant par les relations presse avec RAW Press, RAW Global réunit sous un même toit tout ce qu'il faut pour donner à une image le sérieux qu'elle mérite.
Chaque projet est traité avec la discrétion qu'il mérite — accords de confidentialité sur demande.
Photographie & production visuelle
Relations presse & communication éditoriale
Association professionnelle, carte de presse suisse
Nous réinventons les codes de la presse, de la photographie et de la communication — des formats audacieux, des outils nouveaux, une expérience qui ne ressemble à aucune autre. La tradition nous ancre, l'innovation nous porte en avant.
Chaque image, chaque reportage, chaque contenu est mené avec la même rigueur. Aucune concession sur la forme, aucune sur le fond — la précision d'une recherche menée jusqu'au bout, la pertinence d'un point de vue assumé. Nous préférons nommer une chose pour ce qu'elle est vraiment plutôt que pour ce qui est commode à dire — et nous accordons plus de valeur au geste juste qu'à la réaction rapide. Ce que nous pouvons réellement maîtriser, nous le maîtrisons entièrement ; le reste ne nous détourne jamais du travail.
Dans un monde où l'information se déforme, nous restons fidèles à l'authenticité et à la transparence. Une voix libre, indépendante de toute influence extérieure — dérangeante ou lumineuse, la vérité reste notre boussole.
RAW Agency, RAW Press et ASPP forment un même engagement : créateurs, journalistes, photographes et penseurs libres, réunis pour offrir un contenu qui inspire, provoque la réflexion, et élève chaque projet au-dessus des standards.
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Un visage raconte plus qu'un CV ou qu'un discours de marque. Qu'il s'agisse d'un portrait seul, d'un couple, d'une famille qui attend un enfant ou qui vient d'en accueillir un, on cherche la même chose : le moment où la personne arrête de poser et redevient elle-même.

Un concert, un spectacle, un festival, une scène sportive — ce sont des instants qui ne se refont pas. On se fond dans le mouvement plutôt que de l'arrêter, pour ramener des images qui gardent l'énergie du direct.

D'un mariage à une soirée d'entreprise, la mission reste la même : être présent sans jamais être visible. On documente ce qui se passe réellement — les visages, les silences, les débordements de joie — plutôt qu'une version mise en scène de la soirée.

Mode, produit, culinaire, architecture : ici, chaque image sert un objectif précis, celui de faire vendre ou de faire comprendre. La technique s'efface derrière l'intention — donner à un vêtement, un plat ou un bâtiment l'image qu'il mérite.
Ce qui s'est vraiment passé dans les trois ateliers de RAW Global, chaque trimestre — brut, avant le tri, avant la retouche, avant que l'histoire ne soit polie pour devenir une image de communication. Nama (生) veut dire "brut" en japonais — le même mot que RAW, dans l'autre langue de notre trio. Ici, on ne montre pas ce qu'on veut vous vendre : on montre ce qu'on a vraiment fait, où, et pourquoi ça compte pour nous. Chaque photographe du collectif y trouve sa place, à sa manière, à son rythme — ce carnet appartient autant à eux qu'à l'agence elle-même.
Onze jours au FIFDH, quatre années de présence.
Trois défilés, une seule nuit blanche.
Ramen et robotique, la même rue.

Chaque mois de mars depuis quatre ans, RAW Agency pose ses appareils dans les couloirs du Festival du Film et Forum International sur les Droits Humains. Ce n'est pas une commande — c'est devenu une habitude qu'on ne remet plus en question.
Le FIFDH n'a rien d'un événement anodin dans le paysage genevois. Fondé en 2002 par Léo Kaneman, avec Yaël Reinharz Hazan, Pierre Hazan et Isabelle Gattiker, il repose sur un principe d'une simplicité désarmante : un film, un sujet, un débat. Chaque projection devient le point de départ d'une discussion, pas son aboutissement — organisé chaque année en plein cœur de mars, en parallèle exact de la session principale du Conseil des droits de l'homme de l'ONU.
La première fois que l'agence y a posé le pied, c'était presque par hasard. Une accréditation obtenue à la dernière minute, onze jours à apprendre les codes d'un festival qui n'a rien à voir avec les défilés de mode ou les lancements de produit dont l'agence a l'habitude ailleurs. Ici, la lumière ne se règle jamais à l'avance — elle se subit, entre les néons plats d'un hall de conférence et l'obscurité presque totale d'une salle de projection.
Le Festival ne se limite pas à une poignée de salles obscures. Chaque édition rassemble jusqu'à quarante mille festivalières et festivaliers, répartis dans près de quatre-vingts lieux du Grand Genève — pas seulement au centre-ville, mais aussi à l'ONU elle-même, dans des musées, des théâtres, des foyers pour personnes migrantes, des hôpitaux, et jusque dans des établissements pénitentiaires.
Quatre éditions plus tard, on sait désormais où se placer pour ne jamais entrer dans le champ d'un intervenant, quand ranger l'appareil pour simplement écouter — parce qu'il existe des moments où la photographie devient presque indécente face à ce qui se dit.
On ne photographie pas un débat sur les droits humains comme on photographie un défilé. Le sujet n'est jamais l'esthétique — il est toujours ailleurs, dans ce qui se dit.
Le Festival a vu passer, au fil de ses éditions, des noms qui dépassent largement le cadre genevois : Angelina Jolie, Gael García Bernal, Juliette Binoche, Raoul Peck, ou encore Forest Whitaker, dont l'agence garde d'ailleurs plusieurs images précises d'un passage remarqué. S'y ajoutent des lauréats du prix Nobel — Shirin Ebadi, Joseph Stiglitz, Tawakkol Karman parmi d'autres.
Ce que cette présence répétée a construit pour l'agence, ce n'est pas un book de plus dans un portfolio déjà bien rempli. C'est une vraie familiarité avec un monde qui se méfie, à raison, de l'image spectacle. Rester quatre ans au même endroit, c'est peut-être la seule vraie façon de mériter la confiance qu'un festival de cette nature finit, avec le temps, par accorder.
Pierre Constantin ne travaille pas depuis Genève, mais depuis le Valais — une petite heure de route suffit pourtant à effacer la distance, tant son regard reste profondément ancré dans ce que RAW Agency essaie de raconter depuis le début.
Rencontrer Pierre, c'est d'abord se confronter à un chiffre : vingt ans de pratique, un portfolio qui dépasse largement ce qu'on peut montrer sur un site, et pourtant une question qui revient sans cesse dans sa bouche, presque comme un tic — "est-ce que ça, c'est vraiment nécessaire ?" Ce n'est pas de la fausse modestie. C'est une vraie discipline, celle qui pousse à retirer une photo d'une série plutôt qu'à l'ajouter, même quand elle est techniquement réussie.
Ce qui frappe surtout dans son atelier, c'est l'absence presque totale de matériel dernier cri. Pierre continue de travailler avec des boîtiers qu'il a depuis des années, pas par nostalgie, mais parce qu'il connaît chaque réglage par cœur, au point de ne plus avoir à y penser pendant qu'il photographie. "Le jour où je dois réfléchir à mon appareil, c'est que je ne suis plus concentré sur ce qui compte vraiment," dit-il, sans grande emphase, comme s'il énonçait une évidence.
Vingt ans dans ce métier, ça laisse aussi des traces plus personnelles. Pierre parle sans détour de la difficulté à rester passionné quand la routine s'installe, des périodes où il a douté de continuer, et de ce qui l'a toujours ramené : pas la reconnaissance extérieure, mais un vrai sentiment intérieur de justesse quand une image dit exactement ce qu'elle devait dire, sans un gramme de trop.
C'est peut-être ça, la vraie leçon de cette rencontre : la rigueur ne vient pas de l'accumulation d'expérience seule, mais de la capacité à continuer à se poser la même question simple, année après année, sans jamais se satisfaire d'une réponse trop facile.
On parle souvent des photographes de RAW Agency, rarement du lieu où tout ça se croise vraiment — un atelier partagé, niché dans un immeuble sans prétention du côté de Genève, qui ne paie clairement pas de mine depuis la rue.
Ce qui frappe en y entrant pour la première fois, ce n'est pas l'espace lui-même — il est modeste, presque exigu par endroits — mais la façon dont il porte les traces de tous ceux qui y sont passés. Un mur entier couvert de tirages, certains encadrés, d'autres simplement scotchés là depuis des années, sans qu'on ait jamais pensé à les enlever. Pas par négligence : parce que chacun raconte une étape, un shooting difficile, une image dont on est particulièrement fier.
L'atelier n'a jamais été pensé comme un vrai studio professionnel au sens strict — pas d'éclairage permanent sophistiqué, pas de fond vert immaculé. C'est davantage un lieu de passage, où l'on prépare le matériel avant de partir sur le terrain, où l'on débriefe après une séance compliquée, où l'on montre à un collègue une photo qu'on n'arrive pas à trancher seul.
Il y a une vieille table, au centre, qui a vu passer plus de conversations sur le sens d'une image que n'importe quel autre meuble de l'agence. C'est là que se sont décidées, au fil des années, une bonne partie des directions que RAW Agency a prises — pas dans une salle de réunion formelle, mais autour d'un café, entre deux rendez-vous.
Ce n'est pas un lieu qu'on visite pour son architecture. C'est un lieu qui a une mémoire, faite d'habitudes simples répétées suffisamment longtemps pour devenir un vrai socle. Peut-être que c'est exactement ce qu'un atelier doit être, au fond — pas un décor, mais un témoin silencieux.
Tous les reportages new-yorkais de l'agence ne se passent pas sous les projecteurs de la Fashion Week. Celui-ci se déroule dans une petite salle de spectacle de Brooklyn, où une trentaine de performeurs se préparent pour une soirée qui ne fera jamais la une d'aucun magazine — et c'est précisément ce qui en fait un vrai sujet.
L'événement n'a pas de nom officiel retentissant. C'est une soirée récurrente, organisée depuis plusieurs années dans le même lieu, où se croisent drag-queens, musiciens amateurs, poètes qui montent sur scène pour la première fois, et un public qui connaît déjà presque tout le monde par son prénom. Photographier ça, ce n'est pas photographier un spectacle au sens classique — c'est documenter une communauté qui se retrouve, plus qu'une performance qui s'exécute.
La difficulté technique n'est pas là où on l'attendrait. La vraie contrainte, c'est la confiance : arriver dans un lieu pareil avec un appareil photo, sans y avoir déjà sa place, c'est se heurter à une méfiance légitime. Ce n'est qu'après plusieurs soirées passées simplement à observer, sans photographier, que la présence de l'agence a fini par être acceptée, puis presque attendue.
Ce qui frappe une fois qu'on a cette confiance, c'est l'énergie brute des interstices — pas le moment où quelqu'un est sur scène, éclairé, préparé, mais l'instant juste avant, dans les coulisses improvisées, où la nervosité et l'excitation se mélangent sans filtre.
New York, encore une fois, ne se raconte jamais complètement à travers une seule image. Ce genre de soirée, loin des podiums et des grandes maisons de couture, en dit peut-être davantage sur ce que la ville porte vraiment que n'importe quel défilé officiel.

New York n'a jamais eu qu'une seule façon de se raconter en images — et c'est précisément ce qui rend l'antenne américaine de RAW Agency difficile à résumer en une phrase. Trois photographes, trois trajectoires, une même ville qui les traverse tous.
Baron Brooks est sans doute celui dont le parcours ressemble le plus à un cliché américain — sauf qu'il est authentique du début à la fin. Originaire du New Jersey, autodidacte pour l'essentiel, il travaille la photographie de mode depuis quinze ans, sans jamais être passé par une école. C'est lui qui couvre aujourd'hui les Fashion Weeks pour l'agence — un choix qui coule de source une fois qu'on connaît son histoire.
Timothy Colose vient d'un tout autre monde. Formé de manière classique à l'argentique, diplômé du Fashion Institute of Technology puis d'un Master en Beaux-Arts à la School of Visual Arts, il enseigne aujourd'hui la photographie en parallèle de sa pratique. Il y a quelque chose de rare dans un photographe qui choisit de transmettre son métier plutôt que de simplement l'exercer en silence.
La photographie n'existe vraiment que dans la connexion qui se crée entre celui qui photographie et celui qui est photographié.
Elodie Adam referme ce triptyque sur une note différente. Installée à Brooklyn depuis plus de dix ans, formée à Columbia, elle documente les performances artistiques queer et trans de la ville — un terrain qui demande une confiance construite dans la durée, pas simplement une compétence technique.
Ce qui frappe, ce n'est pas ce qui sépare ces trois trajectoires, mais la façon dont elles se complètent presque malgré elles. New York se résume trop souvent à un seul visage — celui que Baron documente avec le plus de naturel. Mais la vraie ville, celle que l'agence raconte à travers ces trois regards, enseigne aussi la patience du geste argentique, et donne une place digne à des communautés que beaucoup préfèrent encore ignorer.
Le bureau new-yorkais de RAW Agency n'a rien d'un vrai siège au sens où on l'imagine depuis l'Europe. C'est un espace de coworking à deux pas d'Union Square, partagé avec une dizaine d'autres petites structures, où l'agence loue simplement un coin de table et un droit d'accès à une salle de réunion, quand il en faut vraiment une.
Ça pourrait sembler un choix par défaut, presque contraint. Ce n'en est pas un. New York impose ses propres règles, et celle-ci est simple : personne ne reste statique très longtemps dans cette ville, pas même les bureaux. Avoir un espace léger, sans engagement lourd, correspond exactement au rythme de l'antenne américaine — toujours prête à se déplacer vers le prochain shooting, le prochain rendez-vous, sans jamais être freinée par des infrastructures trop lourdes à porter.
Union Square elle-même joue un rôle presque involontaire dans cette histoire. C'est un carrefour, littéralement et symboliquement — plusieurs lignes de métro s'y croisent, ce qui en fait un point de passage pratique entre les rendez-vous à Manhattan et ceux à Brooklyn. Ce n'est jamais une destination en soi pour l'agence, toujours un point de départ vers autre chose.
Ce qui se joue vraiment dans ce lieu, ce n'est donc pas l'espace physique lui-même, modeste et sans grand caractère architectural, mais la logistique qu'il rend possible. Un rendez-vous rapide entre deux prises de vue, un café avalé debout avant de repartir, une conversation avec un client passée en coup de vent avant le prochain métro.
New York enseigne peut-être ça avant tout : l'important n'est jamais l'endroit où l'on pose ses affaires, mais la vitesse à laquelle on peut repartir vers ce qui compte vraiment.
Couvrir le festival RAMEN TECH, ce n'est jamais choisir entre documenter la tradition ou l'innovation — c'est accepter que les deux se succèdent, parfois dans la même minute, sans jamais vraiment se contredire.
La journée commence tôt, avant même l'ouverture officielle, quand les exposants de ramen installent encore leurs stands à quelques mètres des démonstrations de robotique qui ouvriront dans quelques heures. Personne ne semble trouver cette proximité étrange. Un vendeur de nouilles, la vapeur de son bouillon s'échappant encore de la marmite, jette un œil curieux vers le stand voisin où un bras robotique répète inlassablement le même geste de préhension.
Le vrai défi de ce reportage, ce n'est pas de choisir un angle — c'est de résister à la tentation de ne montrer que le contraste le plus évident, le plus facile. La photo de la petite mamie qui sert des ramen à côté d'un robot dernier cri est déjà dans toutes les têtes avant même d'arriver sur place. Le travail commence vraiment quand on cherche autre chose : les visages des jeunes ingénieurs qui, eux aussi, ont grandi en mangeant ces mêmes ramen, et pour qui cette cohabitation n'a jamais été une contradiction à photographier, mais simplement leur quotidien.
Vers la fin de journée, une scène résume peut-être tout : une start-up présentant une intelligence artificielle de reconnaissance vocale, testée en direct par un vieil homme qui commande, dans son dialecte local, un bol de ramen — et le système, après une hésitation, comprend et transmet la commande à la cuisine.
Ce n'est pas une image spectaculaire. C'est juste Fukuoka, telle qu'elle est vraiment, un jour ordinaire de festival.
Il y a des rencontres qui se font en une soirée, et d'autres qui se construisent sur plusieurs années, par petites touches, sans jamais vraiment se presser. Celle avec Aldo Bloise appartient clairement à la seconde catégorie.
Aldo est le seul photographe de l'agence basé au Japon, mais le réduire à ce simple rôle serait passer à côté de l'essentiel. Il dirige aussi, depuis plusieurs années, une petite maison de thé à Fukuoka — une activité qui n'est jamais présentée comme secondaire par rapport à la photographie, mais plutôt comme une autre façon de pratiquer la même patience.
Ceux qui ont essayé de travailler rapidement avec Aldo le savent : ce n'est simplement pas sa façon de fonctionner. Les messages restent parfois sans réponse plusieurs jours, pas par désintérêt, mais parce que le rythme japonais du thé, celui qu'il a fini par adopter comme sien, ne connaît pas l'urgence occidentale. Il faut apprendre à accepter ce tempo plutôt qu'à le combattre.
Le rejoindre dans sa maison de thé, c'est comprendre immédiatement ce qui structure son regard photographique. Chaque geste y est ralenti, décomposé, presque cérémonial — verser l'eau à la bonne température, laisser infuser le temps qu'il faut, sans jamais regarder sa montre. Ses photographies portent cette même qualité : elles ne cherchent jamais à capter un instant volé, mais un moment qu'on a pris le temps de vraiment habiter.
Construire une vraie collaboration avec Aldo pour Nama demande donc, avant tout, d'accepter de ne rien précipiter. Ce n'est pas un obstacle à contourner — c'est peut-être, au contraire, exactement la leçon que Fukuoka a à offrir au reste de l'agence.

Il existe une image tenace de la technologie japonaise qui n'a plus grand-chose à voir avec la réalité de Fukuoka : celle d'une mégapole saturée de néons où l'innovation s'impose au détriment de tout le reste. Fukuoka raconte exactement l'inverse.
Depuis 2014, Fukuoka porte officiellement le statut de zone stratégique nationale dédiée aux start-up internationales. L'incubateur Fukuoka Growth Next, installé dans le quartier de Tenjin, en est devenu le symbole — un lieu où naissent chaque année des dizaines de projets, dont plus des deux tiers touchent au logiciel, au SaaS ou au jeu vidéo.
Le festival RAMEN TECH ne cache pas son nom volontairement absurde — c'est précisément là tout son intérêt. Ce rendez-vous réunit chaque année les stands de ramen traditionnels et des démonstrations de robotique de pointe, comme si les deux mondes n'avaient jamais eu besoin de se justifier l'un face à l'autre.
Personne ici ne trouve étrange qu'un ingénieur en intelligence artificielle fasse la queue pour le même bol de ramen que ses grands-parents. C'est juste Fukuoka.
C'est dans cet esprit que RAW Agency a choisi, cette année, d'ouvrir un vrai bureau à Fukuoka — sur le modèle de ce qui existe déjà à New York. Genève reste le cœur historique de la structure ; New York en incarne l'énergie ; Fukuoka en devient la troisième jambe, celle qui ancre RAW Global dans un pays où la patience du geste reste une vraie valeur partagée.
On y reviendra dans le prochain numéro — la matière, ici, ne manque clairement pas.
Chaque trimestre, un nouveau numéro. Retrouvez ici l'ensemble des éditions passées de Nama.
Premier numéro de Nama — le FIFDH à Genève, l'équipe au complet à New York, et l'arrivée de RAW Global à Fukuoka.


Nama est le carnet trimestriel de RAW Global — une division de RAW Agency, pas une entité séparée. Toute demande, quelle qu'elle soit, passe par l'agence.
info@raw-agency.comLe fil de la communauté RAW Global — photographes et lecteurs, un même espace.
RAW Space est en cours de construction — le fil de la communauté, les profils des photographes, et bien plus, arrivent prochainement.
Cette page s'est égarée quelque part entre Genève, New York et Fukuoka.
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